
Coups de vents
et
Fiction en épisodes : "Altencia"
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Inutile d’en parler trop longtemps. Elle n’aimait pas gaspiller les mots. Et moi j’étais crevé, j’avais passé la nuit à bosser. Notamment une bonne partie à visionner tous les passages télé de Nick Bouche au cours de ses dernières semaines. Je me frottais les mains. Ce type avait un véritable talent pour vous faire avaler n’importe quoi. Au matin je suis allé jeter un œil sur les sondages disponibles sur le web. Il n’y avait pas qu’à moi que ce papi bronzé devait flatter la fibre, il s’était rapproché des cadors et enregistrait la plus forte progression de des dernières enquêtes d’opinion. A gauche il avait rejoint le tri de tête et il ne lui manquait plus que quelques points pour l’emporter à l’occasion d’un hypothétique second tour. Si les ventes de ses livres devaient fonctionner aussi bien, je pouvais espérer voir quelques nuages en moins dans mon horizon financier.
Je n’avais pas trop dormi. Pas mal d’excitation. Nick Bouche était en plus un type généreux. Il n’avait pas mégoté, en plus d’un chèque de départ, qui m’avait permis de me relancer, le contrat stipulait que je toucherais 5% par bouquin vendu. Et vu le battage qu’il faisait, je pouvais être certain que la biographie de Condorcet que je lui avais écrit, et qu’il avait signé, allait bien partir en librairie.
Je suis resté un moment, un café chaud dans ma main, sur la terrasse à délirer, à imaginer tout ce que je ferai si j’avais un peu plus de fric. Le lac était empli de lumière. Depuis que j’étais arrivé je n’avais jamais été debout aussi tôt. Les eaux semblaient m’appeler. J’ai nagé jusqu’au centre. J’étais bien. Puis j’ai fait la planche au milieu des eaux. Le bide en plein soleil. Les paupières closes. J’étais sacrément remonté. Le monde entier me souriait. Un monde d’eau douce. J'avais fini par en oublier de la rappeler...
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