
Coups de vents
et
Fiction en épisodes : "Altencia"
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Il ne fallait pas fumer à l’intérieur, alors je sors sur la terrasse, face au lac, pour boire mon café et allumer ma clope. Les eaux sont calmes. Comme toujours. Impression d’immobilité complète. Pas un nuage. Un soleil qui s’étend, étire ses bras, doucement, mais déjà incandescent. Sur la berge en face les voiliers ont encore les voile baissés, leurs mât tous parallèle qui remuent à peine, nue dans le matin. Christophe et Céline s’embrasse à l’intérieur, je me sens quelque peu de trop chez eux, mais ici. Pas un bruit ne vient de la forêt, je respire doucement pour ne rien provoquer.
Je n’ai plus peur des journées qui m’attendent. Plus depuis que je suis ici. Je me sens comme un voltigeur, un type maîtrise la marche sur un fil, j’avance comme sur la plage, cet endroit magnifique m’apparaît comme un filet, je ne cours aucun risque. Pas la moindre angoisse en l’avenir. Je me demande pourquoi je fume encore… Je me demande si Karine s’éveille. Je me demande si elle boit son café. L’imaginer me rend l’endroit encore davantage sensuelle. Je pense à la chanson d’Axelle Red. La sensualité est partout. Karine. Le lac. Le ciel. La forêt. J’ai hâte d’en finir au plus vite avec le nettoyage de ma baraque. D’être chez moi et de pouvoir jouir de ce spectacle, de cet endroit, les pieds en éventail, chaque matin, comme un bien heureux en buvant mon café sur ma propre terrasse.
Ces souvenirs sont éternels. Je suis resté une éternité à faire parti du paysage. Je me sentais ici chez moi. Mon corps semblait faire un tout avec l’endroit.
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