
Coups de vents
et
Fiction en épisodes : "Altencia"
Vos commentaires sont les bienvenus!!!
J’ai revu les eaux du lacs avec une certaine émotion. De l’autre côté la ville était comme dans mes souvenirs, encerclée par les pins. Les constructions avaient des allures d’îlots de présence humaine au milieu d’un immense océan vert. La forêt était partout. Le vingt mètre cube marchait sur un tapis d’épines de pins comme on roule sur un molleton. Marc le gara devant un bungalow. Ou une sorte de baraque en bois. C’est comme on veut. Elle ne ressemblait à rien, et surtout pas à une Belle au bois dormant. La forêt et la poussière l’avait reprise.
Céline attendait devant leur baraque. En pierre celle-ci, sur deux étages et plutôt éclatante avec ses larges baie vitrées sur chaque côté. J’étais venu trois fois chez eux je crois. Mais la réalité était différente à mes souvenirs.
Des centaines de troncs attendaient sur une clairière. Un peu plus loin sur un chemin il y avait d’autres baraques en bois perdues entre mille ronces. Et dans un état encore plus pitoyable que la première. « Je ne manque pas de courage » plaisantais-je.
Mais pour l’heure j’avais le dos détruit.
Je n’étais pas motivé pour commencer le jour même. Personne d’ailleurs, à part Céline. Nous étions déjà sur leur terrasse, le lac face aux yeux, et derrière mes lunettes de soleil j’appréciais cette vue splendide. « On le remarque encore quand on l’a sous les yeux depuis toujours ? » demandais-je.
Marc haussa les épaules au trois quart allongé sur la chaise de jardin, la bière posée sur son bide. Je buvais la mienne comme de la rosée. Fraîche. Nickel. Rien à redire. J’ai vérifié que mon portable avait encore des batteries. Il en fallu une seconde avant d’attaquer le chargement de la camionnette. Ensuite ce fut assez rapide, tout fut entassé dans un coin de l’entrepôt de la scierie. A voir l’endroit, ainsi que les stocks immenses de troncs un peu partout le long du chemin menant à l’exploitation, je devinais que les affaires n’allaient pas fort pour Christophe.
_ On a connu mieux. On a connu pire aussi…
Mon téléphone a vibré. Je me suis éloigné.
_ Dis tu n’aurais pas un moment à consacrer à mon dos ? lui demandai-je.
_ Pourquoi seulement à ton dos ? murmura-t-elle.
Commentaires