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Fiction en épisodes : "Altencia"

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Dimanche 30 juillet 2006 7 30 /07 /Juil /2006 19:59

Là trouver une image sur Google… Un logo de préférence. Oui tiens celui de cette Université là… Rechercher ensuite Image : + carte +étudiant. Voilà quelques exemples. Au travail. Collage du tout sous Word dans un joli cadre. L’année scolaire c’est essentiel : 2005-2006. Nom et prénom. Un coup de tampon. Passage sous google. Assemblage sous Paint, un coup de tampon sur ma trogne. Illisible forcément, cela fait plus vrai. Assemblage. Un brin de zèle : un numéro pour emprunter à la bibliothèque universitaire. Il paraît que 3 millions de faux permis de conduire circulent en France. Mais de carte d’étudiant ? Là c’est bien. Il ne reste plus qu’à trouver du papier cartonné.

 

Cela se révèle le plus dur finalement. Dieu pourquoi ma maison n’est-elle pas aussi bien rangé qu’internet sous google ? Je rêve à une maison où je cliquerai « papier cartonné » et où l’ordinateur me localiserait chaque objet de la même façon.

 

Je trouve une jolie chemise en carton des AGF. Je découpe et je mets au format A4. Que c’est bon de redevenir un manuel tout de même. Agréable comme certaines heures de classe où ça découpe de partout, ça colle, ça agrafe, ça fabrique tout et n’importe quoi… Manipuler c’est cela. Reprendre contact avec le monde physique qui nous entoure. Je regarde ma paire de ciseaux découper minutieusement. J’enfourne dans la Pixma. Attention , voilà l’instant de vérité ! Sur l’écran c’est très joli mais… Recto : résultat surprenant, toutes les universités françaises n’ont pas d’aussi belles cartes à donner à leurs étudiants ! Verso : impeccable. Je devrais peut-être me reconvertir… Je signe à l’endroit indiqué.

 

Qu’elle est belle, qu’elle est colorée ! Dommage que je doive déjà l’user pour faire plus vrai…

 

Un coup de cutteur pour finir, et me voilà de nouveau étudiant comme autrefois, prêt pour disposer de nouveau de tarifs très intéressants pour aller au théâtre, en concerts. A moi les séances de cinéma à 5.50 euros au lieu de 8.90 ! A moi le second burger au Quick ! 5 euros 50 au Mc Do pour le Maxi Best Of au lieu de 6 euros 50.

 

J’arrive à l’UGC. Le même type que la dernière fois… Que c’est bon d’être dans la file d’attente à la caisse sans devoir se préparer à avoir l’air vrai pour dire « Oh mince j’ai oublié ma carte d’étudiant ! ». Ou faire semblant de la chercher pour finir en disant en me mordant la lèvre : « Je crois que je l’ai oublié… ».

 

Aurélia se fout de moi. Je crois bien qu’elle a raison, je jubile par avance. Que je me sens bien avec ma jolie carte dans ma poche ! Arrive mon tour de demander mon film…

_ 5 euros 50, me dit le type en me regardant à peine. 11 euros les deux.

Je veux sortir ma carte vrai fausse carte d’étudiant quand même, lui montrer.... D’un geste d’une main il me la fait ranger. L’affaire est emballée.

 

Encore un qui ne fait pas son boulot correctement ! « Allons, il te la demandera une autre fois ! » tente de me réconforter Aurélia.

_ Tu sais quoi, il manquerai plus que le film soit mauvais pour que ma soirée complètement gâchée !
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 18:38

Le bonheur un peu naïf de tout larguer derrière soit, la main sur le volant, une seule s’il n’y a pas trop de vent, user le siège de la voiture, cloper comme si on avait toujours vingt ans, la route est chaude… On roule. « Il ne faut jamais freiner, les voiture sont faites pour rouler, pas pour s’arrêter » hurle le chanteur de Blankass dans le lecteur disque, ne laisser aucun faux ami nous retenir, nous empêcher de partir. Ma voiture, ou la voiture d’un autre, une bagnole, collée à la route ou un peu légère, sans clim’ si possible, être comme sous anesthésie, les lunettes de soleil sur le pif, pas besoin de déo, il ne tiendrait pas. La route répare-t-elle ?

 

Remplir le cendrier, passer des CD ou zapper entre les différentes radio. On part. On s’en va. On est sur la route. Rien d’autre n’a d’importance. Arriver ? On verra plus tard et rien ne presse. La route seulement et toujours, comme une copine de voyage, une autostoppeuse prise sur le bord de la route, on la case sur la banquette arrière, là où il reste de la place, écrasée entre les sacs. Prendre les airs d’autoroutes, boire un café, fumer une autre clope, ou bouffer des compotes de pomme si on ne fume pas.

 

La route a des tas d’amis. Jean-Jacques Goldman l’a chanté, puis Blankass, puis aujourd’hui Raphael et JL Aubert. Kerouac l’a raconté, Djian a écrit dessus. Il y en a tant d’autres à aller rencontrer encore.

 

Nul besoin d’aller vite, de faire les cakes. Pas de pneus élargis, pas de kit de tuning, l’esprit de la route, c’est autre chose, c’est les chromes des belles américaines dans la tête, les stations essence perdues en rases campagnes avec les superettes. Les bleds qu’on traverse. La vitesse n’a pas d’importance, les meilleurs road movies sont les plus lents. Prendre le temps de respirer. Réapprendre à attendre. Etre patient. Espérer un soleil rose au bout du virage, passer lentement sous les pins, regarder les platanes s’agiter dans le vents, ou les observer immobiles, plantés dans la chaleur. Suffoquer. Ouvrir la vitre, les cheveux au vent. Faire un bras d’honneur au con, au cul blanc du représentant en Mercedes, au type en casquette qui montre sa bite derrière le volant de sa BX peinturlurée! Sur la route on traîne, les panneaux blancs et rouges signalant les vitesses, pas de risque de les griller. Il y aura toujours des gens pressés, le plaisir est là, on les voit nous doubler, s’emmerder, rager, ces cons qui n’ont rien compris.

 

Réapprendre la lenteur. La langueur. Se mettre dans l’esprit qu’il faut pour ne rien faire. Calmer la folie qui parfois s’agite en nous.

 

Une odeur, une musique, un rythme, une température, des lumières rien que pour nous. La route nous attend, en voiture, à pied ou en vélo. Etre « sur le route », être sûr de son art, savourer la manière.

 

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Dimanche 14 mai 2006 7 14 /05 /Mai /2006 23:13
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Dimanche 14 mai 2006 7 14 /05 /Mai /2006 23:11

Les mots ne suffisent pas toujours pour exprimer tout ce que l’on ressent. Parfois cela est vrai. Pour « Je t’aime », il n’y a pas beaucoup de variation sur le même thème pour exprimer d’immenses nuances… Peut-être est-ce d’ailleurs tout ce qui fait là un malentendu, qui nocif parfois, en fait également tout le merveilleux.

 

Les mots ne suffisent pas ? Le temps de s’exprimer surtout manque. Avec un peu de temps on pourrait trouver les mots. Je pourrais dire tout de l’absence qui est la mienne et qui me ronge. Mais le plaisir au détour de cette absence de redécouvrir dans mes pattes mon petit chat, sa gentillesse et ses pitreries que je ne regardais plus.

 

Voilà j’ai fait fonctionner le barbecue. Le Barbax. J’ai mis dans les cendres des pommes de terre. Pas comme un mécréant. Pas dans un de ces papiers aluminium. J’ai mangé cela avec des grillades en regardant le jardin. Avec du beurre, et en savourant un vin simple. En savourant au lointain les bruits de la fête foraine. J’ai regardé le linge danser dans le souffle tiède du soir. J’ai regardé le chat poser comme s’il voulait un job aux PTT. J’ai été affolé par les odeurs des fleurs. J’ai eu envie de poser mille mots, des millions de mots… Puis j’ai renoncé. J’ai savouré. A présent je n’ai plus le temps. Mais ça reste en moi. Au moins pour quelques heures. J’espère un peu plus.

 

J’espère….

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Samedi 13 mai 2006 6 13 /05 /Mai /2006 18:48

Elle est Lo le matin, Lo tout court, Lo qui ne boit pas trop d’eau. Lolita, lumière de ma vie, soirées au Pastis, et mal de crâne le lendemain matin. Lolita, un poème à elle toute seule, et concours de rots avec ses copines en regardant « A la recherche de la nouvelle star ». Nabokov aurait-il aimé ? Enfin, elle ne serait être Lolita sans ses apériculs…

« Un petit cul, un gros cul, c’est l’heure de l’apéricul ! ». Tu sais que tu es bourrée d’humour lui ai-je demandé. Elle glousse à l’autre bout du fil : « Aller, viens ! finit-elle par insister, il y aura Pauline ! ». Sans doute vous demandez-vous qui est Pauline. Et bien moi aussi figurez vous... Pas de souvenir de Pauline. A part avguement une Pauline à la plage dans un film d'Eric Rohmer, mais on ne doit pas parler de la même.
_ Mais si, rappelles toi! Tu l’avais mise au défi de pisser debout !
Encore quelque chose dont je ne me rappelle pas.
_ Et elle l’a fait ?
_ Si tu viens, je pense que tu pourras obtenir cela d’elle… Elle t’aime bien.
Me voilà donc avec Lolita, qui comme à son habitude cherche à caser Machin avec Machine, décoller Truc afin qu’il aille avec Bidule, cette pauvre Bidule que Truc trompe.

Ensuite, vint le meilleur de cet entretien téléphonique.
_ Tu as ta chance avec Pauline, finit-elle par me dire. Si tu viens, tu peux passer la nuit avec elle…
Lolita se donne du mal afin que je comprenne que le sexe et tout le reste est une immense plaisanterie, et qu’il faut savoir s’amuser dans la vie, que sinon la vieillesse nous guette, cette vieillesse tapie dans chacun des rideaux, prête à nous sauter à tous dessus, et moi en particulier! Je suis donc à mille kilomètre d’avoir l'avis de Lo, mais elle consacre beaucoup d’énergie à me rallier à son droit chemin. Lolita ne fait pas dans la demi-mesure.
_ Oui, mais moi Pauline, je ne crois pas avoir d’intérêt particulier pour elle… dis-je.
_ Oh rassure toi, elle vient de se faire larguer, elle cherche juste de quoi passer du bon temps maintenant qu’elle a retrouvé sa liberté !
Je ne donnerai pas mon avis sur cette prétendue liberté. Serait-on prisonnier lorsque l’on est avec une personne ? Un mec serait donc pour cette Pauline tel un maton ? Ne posons pas trop de question, Lolita est une amie, une fille absolument charmante, faisons fis de ces petits différents de point de vue.
_ Elle ressemble à quoi ? je m’entends demander.
_ Elle est mignonne. Elle a un joli petit cul !
_ Tu l’as touché ?
_ Non, c’est ce que tous les mecs disent !

Voici présentée Lolita. Lolita, l’inventeuse de l’apéricul. Ou Lolita invitant à prendre l’apéro chez elle, en arrangeant par derrière ( ?) des plans culs entre ses invités. L’apéricul, un concept. Attention, brevet déposé.

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Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /Mai /2006 18:33

Si j'avais eu le choix, bien sûr, je ne l'aurais pas regardée partir. Voilà ce que je pouvais me dire. Mais à bien y regarder, j'avais le choix. En effet, rien ne m'obligeait à ne rien faire. J'aurais pu aller lui parler, la retenir.

Il faisait chaud. N'est-ce pas un temps parfait pour proposer à une charmante demoiselle d'aller partager un verre à la terrasse ensoleillée d'un café?
Oui, mais voilà, je semble avoir un don pour râter toutes ces occasions que m'offre la vie. Une faculté à partir, non pas perdant, mais dans la mauvaise direction. Elle est partie dans un sens de la rue, moi de l'autre.

Bien sûr je pourrai me raconter qu'elle aurait refusé ma proposition. Il y avait ce risque évidemment, d'ailleurs, je n'ai su voir que cela. Rien d'autre. Je n'ai rien vu d'autre sur le moment. Surtout pas les signes qu'elle m'avait envoyé toute la journée et qui semblaient dire "eh on se connait maintenant".

Alors voilà, je l'ai laissée partir, une fille capable de se fiche de la peinture partout, qui peint avec deux mains gauches, qui rigole à mes blagues, qui aime beaucoup parler, qui sait écouter, qui m'a permis de rompre ce silence où je me suis enfermé depuis si longtemps. Une jolie fille, un caractère bien trempé, de belles manières, très franche, qui aux signaux que je lui envoyais répondait si franchement. Car de toute évidence, ce verre, elle aurait accépté de le prendre. Sans doute peut-être même a-t-elle regretté ensuite de ne pas avoir proposé elle même... On est en droit de rêver non?

Voilà, on s'est cherché toute une journée, nous nous sommes vus, nous nous sommes reconnus... puis déjà perdus. Ai-je rêvé, me suis-je bercé d'illusions... Cela m'arrangerait presque, c'est bien sûr possible... Mais je ne crois pas. Je resterais donc célibataire, ratant encore une belle occasion, je peux l'écrire c'est tout, garder en mémoire son joli débardeur jaune poussin... ses jolis yeux, le timbre de sa voix, sa démarche sur le parquet ciré de l'école... son rire... sa poitrine toute mignonne sous le même débardeur, ses cheveux si noirs ruisselant sur les bretelles du soutien gorge qui dépasse... ses paupières closes lorsqu'elle fume sa cigarette le visage tourné vers le soleil... T'ai-je plu, et t'ai-je râtée jolie brune?


Très probablement. comme tant d'autres choses déjà râtées et que j'ai cessé de compter. Qui sait, peut-être un jour te reverrai-je... En espérant un autre cours, et trouver cette fois-ci l'art et la manière de partir dans la même direction que toi, vers une même destination. Et enfin connaître ton prénom...

Par Wandess - Publié dans : Coups de vents
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